LES ANCIENS CIMETIERES DE MONS

LES ANCIENS CIMETIERES DE MONS


Avant l'édit de l'empereur Joseph II du 26 juin 1784 qui interdit en Belgique les inhumations dans les villes et les bourgs, aussi bien à l'intérieur de bâtiments qu'à l'extérieur. En effet, jusque-là chaque paroisse, chaque couvent et la plupart des hospices avaient des cimetières particuliers ; en outre, on inhumait dans les églises, dans les chapelles et dans les cloîtres.

L'église Sainte-Waudru avait deux cimetières : l'un dit « l' Âtre Saint-André » qui entourait le grand portail, côté de la rue de la Grosse Pomme ; l'autre, « l'Âtre-à-cats » ou cimetière de Sainte-Marguerite (parce que ce dernier avait une chapelle dédiée à cette sainte) situé entre la rue des Sarts et la rue de Gaillardmont.. Cette chapelle fut restaurée par le chanoine Edmond Puissant qui en fit un musée dit l'Atacat (il y fut d'ailleurs inhumé par dérogation spéciale).

Le cimetière de la paroisse de Saint-Germain, entre les rues Samson et Terre du Prince, avait une chapelle et un calvaire. On le sait parce que Jean Behault et Jeanne Pitou, son épouse, avaient par testament du 25 février 1528, affecté un revenu pour les chandelles qui brûlaient pendant l'année devant le Christ du cimetière. En outre, une procession, fondée par Quentin Louveau, avait lieu dans celui-ci chaque mois de l'année.

Le cimetière de la paroisse de Sainte-Élisabeth entourait cette église et avait une entrée dans la rue de Nimy et une autre dans la rue des Fossés ; il s'y trouvait une chapelle, un calvaire et un « jardin des Oliviers ».

Le cimetière de la paroisse de Saint-Nicolas-en-Havré était derrière le chœur de cette église. Il s'y trouvait une chapelle, fondée en 1567 par Marie Galopin. Ce cimetière avait deux entrées : l'une dans le transept de l'église, vers l'hôpital Saint-Nicolas, aujourd'hui disparu et l'autre dans la ruelle de l'Âtre.

Le cimetière de la paroisse de Saint-Nicolas-en-Bertaimont, situé aussi derrière le chœur, avait son entrée à droite de l'église. On y trouvait une chapelle.

Le cimetière du Béguinage de Cantimpret était situé auprès du portail d l'église ; l'on y voyait également une chapelle.

Indépendamment de tous ces cimetières, on en avait établi un pour les militaires, au dehors de la porte du Rivage, le cimetière de l'hôpital royal militaire étant insuffisant.

Lorsque des épidémies affligeaient la ville, des lieux de sépulture étaient établis à l'extérieur. On en fit un au faubourg Saint-Lazare, en 1515, et un avec chapelle, dédiée à Saint-Pierre, à la porte des Guérites, vers Hyon, en 1615. Durant les sièges de 1691 et 1746, les inhumations étant de beaucoup au-dessus du nombre ordinaire, on déposait les morts dans les champs, au pied des remparts.

Les Juifs, ceux qui n'appartenaient pas à la religion catholique et les suicidés n'avaient pas de cimetière. On les enterrait un peu partout en dehors de la ville, mais le plus souvent dans les fossés des remparts ou bien au milieu des bruyères, dans les campagnes.

Quant à ceux qui avaient été l'objet de condamnations capitales, qui avaient généralement lieu en public sur la Grand-Place, on ne les jugeait pas dignes de recevoir une sépulture. Au moyen-âge, leurs cadavres étaient brûlés sur un bûcher à l'extérieur de la ville, mais par après, on renonça à l'incinération. Après que le bourreau avait terminé son affreuse besogne, une charrette emportait le corps du supplicié par la rue de Nimy. De là elle prenait la route d'Obourg. Dans cette direction, non loin de la cité, se trouvait un puits profond, dont les passants s'écartaient avec frayeur. On l'appelait le puits des Trois Pucelles. La charrette du bourreau s'arrêtait là. Le cadavre était attaché par une corde et hissé par-dessus la margelle au haut du puits. Le corps se balançait ainsi au-dessus du trou béant jusqu'au jour où la corde, rongée par l'humidité et tendue par le poids du corps, fut complètement pourrie. Alors l'homme tombait dans le gouffre maudit.

Souvent nous dit la chronique, des personnes animées par le zèle de la charité, émues de compassion pour les misérables ainsi exposés ignominieusement à la vue des passants, faisaient couper la corde la nuit qui suivait l'exécution.

Ces coutumes barbares de l'incinération en public et de l'exposition disparurent peu à peu, comme d'autres abus.

Source : Camille Desquin. No Catiau.


Photos :

Plan du cimetière de Sainte-Waudru relevé en 1784 par l'architecte-arpenteur Demarbais. BUMons.


Chapelle Sainte-Marguerite de l'âtre à cats, rue des Sars. Photo FAPMC.


Eglise Sainte-Elisabeth. Sanguine de Léon Dolez. 1870. BUMons.


Ancienne église de Saint-Nicolas-en-Havré avec son cimetière. Extrait du plan Blaeu. 1649. BUMons


L'ancien cimetière de Saint-Nicolas-en-Berrtaimont transformé en jardin. Carte postale début XXe siècle.


L'église du Béguinage. Extrait du plan levé par Vauban en 1691- 1693. BUMons.


Le gibet de Mons. Extrait du Plan de Jacques Deventer levé en 1550. BUMons.


Illustration d'un gibet au Moyen-âge. Photo Wikipedia.


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