RUE DES DROITS DE L'HOMME

Depuis le 29 janvier 1834, date à laquelle une ordonnance de la Régence a prescrit que dorénavant le marché au bétail se tiendrait sur l'emplacement de l'ancienne caserne de Fantignies et sur la place à Chiens (à présent disparue), cette rue prit le nom de Marché au bétail. Tous les vendredis voyaient arriver des campagnes environnantes vaches, boeufs, bouvillons, porcs destinés à la vente. Des barrières fixes avaient été installées par la ville pour permettre d'attacher les animaux, et même deux fois pour les taureaux, comme le prescrivait le règlement de police.

Au bout de la rue, le quartier environnant était vétuste, insalubre, avec de surcroît une assez mauvaise réputation, il était bien fourni en estaminets et autres lieux de joie fréquentés par les militaires de la caserne Léopod toute proche. Il fut assaini en 1899 – 1902 par la démolition de nombreuses habitations (134 exactement), notamment celles entourant les impasses ouvertes en 1870 dans la rue des Tuileries et celles situées entre la rue du Marché au Bétail et l’entrée de la caserne, rue des Trois Boudins, en passant par la place à chiens. A l'emplacement de celle-ci à l'angle de la rue des Trois Boudins et celle du Marché au Bétail, on édifia, en 1903 - 1905, le nouveau quartier du Commandement de la place de Mons et plus bas sur la rue, deux pavillons destinés à encadrer la nouvelle entrée de la caserne de cavalerie, tout cela dans un style néogothique flamand, typique de cette époque pour les bâtiments publics. Les pavillons étaient surmontés d’imposants lions tenant un écu, réalisés par Godefroid Devreese. Après la disparition de la caserne de cavalerie, ils servirent  d’entrée au hall des expositions et des foires commerciales depuis les années cinquante jusqu’en 2000. Malgré la démolition du Hall des Expositions en 2002, ils furent conservés et intégrés à l’ensemble des Cours de Justice nouvellement construites, comme portail d'entrée.

C'est en 1996 que le Conseil des ministres a décidé de procéder au rassemblement des services judiciaires dans l’intra-muros  montois. Le but était de décongestionner les bâtiments déjà existant et de rassembler dans un même périmètre les différentes juridictions : Cour d'Appel, Tribunal de Commerce, de Travail,, Cours d'Assises, etc... Dès l'élaboration du projet, la Tour Valenciennoise, monument classé du XIVe siècle, a occupé une place centrale. L'idée était de construire le projet autour d’un axe orienté depuis la rue, nouvellement baptisée (en 2006), des Droits de l'Homme vers cette tour. Toute la composition architecturale a été pensée autour de cette idée (Bureau Aura). Les travaux ont débuté en 2003 et se sont terminés en 2008. D'une architecture remarquable, le bâtiment se compose d'une salle des pas perdus au rez-de-chaussée constituée en atrium avec de part et d’autre les diverses salles d’audiences ensuite des bureaux des différents tribunaux sur 2, 3 ou 4 niveaux, tandis que deux sous-sols ont été réalisés pour loger les locaux techniques, des zones d’archives et des parkings (+/- 300 places).

Dans la rue du Marché au bétail, se trouvait également le Manège de Cavalerie. Construit en 1854 sur les plans de l'architecte de la ville Charles Sury, par décision de l’administration communale, le manège présentait une façade néo-médiévale, style qui était très en vogue à l’époque, avec une grande porte surmontée d’un important fronton composé de quatre tourelles crénelées reposant sur des colonnes en pierre bleue, et dont le tympan était percé d’une rosace quadrilobée surmontée du blason de la ville et d’une couronne. Autre fait remarquable, car c’était une grande première à Mons, la toiture de ce bâtiment était supportée par une charpente métallique d’une grande légèreté. Les autorités communales en étaient tellement fières que c’est là que fut organisé le dîner de réception du roi Léopold 1er lors de sa visite à Mons en septembre 1856. Suite à l’arasement du fronton, et à diverses transformations l’ensemble a beaucoup perdu de son faste. Il servit même de garage à la protection civile jusqu’en 1995. Le bâtiment fut réaffecté en 2001 à des activités culturelles : théâtre, salle de spectacle et bureaux.

Au n°6 de la rue, figure une plaque apposée à la mémoire du lieutenant John Steinwedel de la 82e escadrille, 78e groupe de chasse, 8e armée de l'air américaine, tombé en parachute le 5 juin 1944 sur le toit de cet immeuble et abattu par l'ennemi alors qu'il se rendait. Voici les circonstances de ce drame :

Au cours d'une mission d'escorte de bombardiers, le lieutenant aviateur John Steinwedel perdit le contrôle de son P-47 D Thunderbolt au-dessus d'Amiens parce que son appareil s'était considérablement alourdi par une épaisse couche de glace accumulée par la température négative et la masse humide des nuages régnant à l'altitude de 16.000 pieds à laquelle il volait. L'appareil ne répondant plus, la seule solution pour lui fut de sauter en parachute et abandonner l'avion. (celui-ci vint s 'encastrer à la verticale sur l'immeuble portant le numéro 55 du boulevard Dolez, alors occupé par des services de l'occupant, tuant deux personnes). Suspendu à son parachute, l'aviateur échoua sur le toit d'une habitation portant le n° 8 de la rue du Marché au Bétail. « Arrivé sain et sauf sur le toit, l'américain contourna la toiture en marchant dans la corniche jusqu'à la cheminée la plus proche. Immédiatement, des Allemands en armes sortirent de la caserne située juste en face, regardant en l'air pour voir ce qui se passait. Le pilote prit appui sur la maçonnerie d'une main et de l'autre fit signe qu'il se rendait. Il y avait une bonne vingtaine de soldats qui le tenait en respect .Quelques civils assistaient à la scène. Soudain, l'un des soldats l'a visé et tiré comme un lapin. Touché, John Steinwedel est alors tombé d'une hauteur de plus ou moins dix mètres, dans le passage menant au n°6. Les Allemands sont alors entrés dans la propriété et on emmené le corps comme un sac à patates. » (Témoignage de Mr Nivarlet, rapporté par son fils Pierre)

Un article de presse de 1947 ainsi qu'un rapport de la Résistance « Service Marc ». Feuille 146, Courier H4 du 12/VI/1944 (document Yves Bourdon) confirment et complètent le témoignage e Mr Nivarlet : Un Allemand, fonctionnaire du chemin de fer se met à tirer sur l'aviateur sans défenses et qui allait être sauvé par la population qui arrivait déjà avec des échelles. L'aviateur, sain et sauf au moment où il s'est posé en parachute sur le toit, a été grièvement blessé et est tombé. Á ce moment, malgré les cris et les huées de la population accourue, les gardes wallonnes de la caserne se sont emparés du parachutiste et l'ont traîné par les pieds dans la cour de la caserne. Là, une auto allemande a embarqué le pilote vers l'hôpital. Il était mort à son arrivée. »

En septembre 1944 les Affaires Civiles américaines sont informées des événements du 5 juin. Une enquête est menée qui permet de retrouver dans un camp de prisonniers l'assassin : Gustav Karl Reuster, soldat de la Reichbahn affecté au dispatching situé dans la caserne Léopold. Après une nouvelle enquête de la Commission des Crimes de Guerre diligentée en février 1947 et jugement du tribunal de Dachau, il sera condamné pour crime de guerre et pendu le 16 juillet 1947.Quant au lieutenant John Steinwedel il fut enterré par les Allemands au cimetière de Chièvres, tombe n°16 (info : Philippe Dufrasnes). Après la guerre, ses restes furent transférés aux USA, au Riverview Cemetery à Monticello, Indiana. (1)

Un peu plus loin, dans le mur d'enceinte du Commandement Militaire se trouve une plaque apposée en hommage aux vétérans de la dernière guerre. On le sait peu, mais à côté des éléments de la Brigade Piron qui, eux, participèrent à la bataille de Normandie puis à la libération de la Belgique et des Pays-Bas aux côtés des alliés, six bataillons d’infanterie, suivis quelques mois plus tard de 12 autres et six bataillons de pionniers, furent créés, le 17 janvier 1944 lors de la libération de la Belgique, par le gouvernement belge réfugié en Angleterre et le War Office pour assurer la garde des lignes de communications. Pour ce faire, un appel fut lancé aux volontaires et des bureaux de recrutement furent ouverts dans tout le pays. Les six premiers bataillons furent constitués entre le 7 et le 11 octobre 1944 et répartis sur le territoire libéré. Au total il y eut 62 bataillons, soit 91.000 hommes placés sous le commandement britannique et américain. Le 5eme, basé à Charleroi, fut principalement composé d’Hennuyers dont nombre de montois. (ref. : Belgian Militaria)

L’essentiel de ces bataillons d’infanterie fut utilisé dans les zones de l’arrière. Cette tâche acquit de plus en plus d’importance au fur et à mesure que de grandes parties de l’Allemagne étaient conquises en 1945. En effet, la présence de troupes belges légèrement équipées permettait aux unités mieux équipées des principaux Alliés de poursuivre les opérations de combat sans avoir à détacher des éléments chargés de veiller à la sécurité de leurs lignes de communication. Toutefois, environ vingt de ces bataillons d’infanterie furent utilisés dans les combats lors de la bataille des Ardennes, aux Pays-Bas, dans la tête de pont de Remagen ainsi qu’à Pilsen en Tchécoslovaquie. En Belgique, le 5e bataillon de fusiliers jouit d’une reconnaissance particulière en raison de ses actions avec l’armée américaine au cours de la bataille des Ardennes et de la campagne d’Allemagne. (Wikipedia).

En résumé, voilà une rue décidément chargée d'un lourd passé militaire.

1 Extrait de « Des avions, des villages et des hommes » de Philippe Save. 2019.

Photos :

Jour de Marché. Carte postale début XXe. siècle. Coll. de l'auteur.

La rue du Marché au Bétail . Carte postale des années vingt. Coll. de l'auteur.

Les bâtiments au bout de la rue avant 1903. Photo Léon Losseau.

Les travaux de démolition pour faire place au mess des Officiers. Carte postale début XXe. Siècle. Coll. de l'auteur.

Le mess des officiers dans les années vingt. Carte postale début XXe. Siècle. Coll. de l'auteur.

La nouvelle entrée de la caserne de cavalerie. Carte postale début XXe. siècle. Coll. de l'auteur.

La rue du Marché eu Bétail et le manège de cavalerie. Carte postale début XXe. siècle. Coll. de l'auteur.

L'entrée du Hal des Expositions dans les années cinquante. Photo A. Vanden Eynden.

L'intérieur du Halle des Expositions au cour de sa démolition.Photo A. Vanden Eynden.

Vue sur les Cours de Justice. Photo de l'auteur.

 

RUE DE LA PEINE PERDUE

Quelle "peine" a-t-on ressenti dans de cette rue ? On sait qu’à Mons, comme partout ailleurs, de nombreuses rues ont tiré leur appellation du nom d’une enseigne remarquable qui s’y trouvait. Charles De Bettignies et Charles Rousselle dans leurs ouvrages respectifs nous apprennent qu’en 1606, mention est faite de l’existence entre le marché aux poissons (ancienne placette au bas de la rue du Miroir) et la rue d’Havré, « d’une maison séant à front la rue du Fossé, portant l’enseigne à la Peine perdue ». Cette enseigne, paraît-il, représentait un « blanc » savonnant à grands tours de bras un « noir ».

L’explication est plaisante mais il semble qu’il y en aurait une autre, plus ancienne donc plus vraisemblable : en poliorcétique,1 une « peine perdue » était une tour avancée située au-devant de la muraille, c’est-à-dire une tour de vigile, peu importante, sans doute, mais suffisamment haute et dégagée des constructions avoisinantes pour permettre la vue sur les alentours2 et que l’on perdait souvent en cas de siège. De telles tours existèrent dans plusieurs villes médiévales. Il semble qu’à Mons celle-ci existait encore au XVIe siècle.

Cette appellation dénonce, alors, la présence d’une fortification à cet endroit. Est-ce possible ? En tout cas, le nom de la rue voisine (rue des Fossés) témoigne aussi de l’existence d’une fortification à cet endroit. Il y avait, donc, là un ouvrage de défense précédé d’un fossé. En outre, la différence de niveau que l’on peut observer un peu plus loin, entre le musée des Beaux-Arts (BAM) et l’actuel conservatoire de musique parle aussi en faveur de l’aspect défensif du lieu, à une certaine époque.

Mais de quelle muraille s’agissait-il ? Ces « munia »- citées dès 1224 – furent probablement des fortifications avancées de l’enceinte urbaine comtale entourant le cœur de la cité (XIIe siècle). Elles furent dressées avant que la nouvelle enceinte communale ne soit édifiée tout autour de la colline (entre 1290 et 1390) et étaient destinées à protéger le markiet situé devant la porte donnant sur la Chaussée (au bas de la rue des Clercs) ainsi qu'une partie du parc comtal 3.

Il n’en reste actuellement aucune trace, mais la morphologie des lieux parcourus par cette muraille et leurs dénominations en sont encore les principaux témoins. Raccordée au castrum montois (le château) du côté de la Tour Auberon 4, cette fortification s’avançait vers l’est de la colline montoise, là où la pente était la plus douce et, donc, la plus facile à franchir, surtout que de ce côté il n’y avait aucune rivière ni marécage ni aucune défense naturelle 5. Seulement un bois de hautes futées, dit le « Haut-bois » (dont une large portion sera vendue à la ville au XIIIe siècle).

Elle passait précisément à l’arrière de l’actuel musée des beaux-arts (BAM), ensuite, elle empruntait la rue des Fossés puis la rue de la Peine Perdue, là où venait se jeter, au moins jusqu’au XVIe siècle, le ruisseau de la Seuwe après avoir parcouru la Grand-Place. Elle traversait la rue d’Havré pour continuer par la rue des Epingliers, croisait la rue du Haut-Bois et continuait par l’actuelle rue Jean Lescarts où elle se terminait. Les travaux furent, en effet, abandonnés suite à la construction en 1290 de l’enceinte communale autour de la colline montoise qui, entre-temps, avait vu sa population grandir de manière significative. C’est la raison pour laquelle, cette fortification n’ayant jamais été achevée, que le chemin de ronde intérieur qui la longeait resta sans débouché et prit à cet endroit le nom de rue du Cul du Sac. Ce n’est qu’en 1830 qu’elle prit le nom de rue Derrière la Halle, puis celui de Jean Lescarts, du nom du bourgmestre de Mons de 1905 à 1926, qui y avait sa demeure.

Dans cette rue de la Peine Perdue, signalons le magnifique portail en pierre bleue, de style baroque, daté de 1633, de l'ancien refuge de l'abbaye de Liessies (qui sert actuellement de sortie au parking de la Grand-Place).

 

Ce qui est relatif à la technique du siège des villes et places fortes

2 Chapelle Sainte Marguerite F. Rousseau, Namur, ville Mosane. 1958.

Le parc appartenait au comte de Hainaut. Il s’étendait au nord de la ville depuis le château jusqu’à la place du Parc actuelle et comprenait donc la rue des Gades, des Telliers, des Dominicains, d’Enghien, et du Onze Novembre

Démolie en 1618. Les rues de Mons par Charles de Bettignies. Typ. Lelouchier.1864

Mons, une enceinte en mutation constante de 1290 à 1865 par Christiane Piérard et Bruno Van Mol, dans les Enceintes Fortifiées du Hainaut. Crédit Communal. 1983.

Photos :

Extrait du plan édité par Jan Blaeu. Amsterdam.1649. BUMons montrant une tour dans la quartier de la Peine Perdue.

Tracé approximatif de la fortification avancée de la colline de Mons au début du XIIIe siècle sur base du plan Popp de 1888.

 

RUE DE THIRIMONT

Cette rue créée après la démolition des fortifications en 1861 – 1864 fut ainsi dénommée en souvenir d'une figure marquante d'origine montoise : Louis Scockart, comte de Thirimont. Jusqu'en 1980, elle s'étendait de la digue des Peupliers à la rue des Arquebusiers, mais à cette date, elle fut amputée de sa partie intra-muros qui prit le nom de rue de la Boulangerie en raison de l'ancienne Boulangerie militaire qui la borde. Celle-ci avait été construite lorsque Mons était encore une forteresse avec une importante garnison.

Louis Alexandre Scockart est né à Mons le 29 août 1633. Il était le fils de Charles Scokart , conseiller à la cour souveraine de Hainaut et de dame Marie Françoise, il appartenait donc à deux familles montoises qui se sont distinguées, et dans la magistrature municipale et dans la magistrature judiciaire. Il fit ses humanités au collège de Houdain à Mons, et, après avoir terminé ses études de droit à l'Université de Louvain, il entreprit une carrière dans l'administration publique. Ses brillantes qualités le placèrent au premier rang des administrateurs du pays : il siégea d'abord, au Conseil des finances avant de devenir membre du Conseil suprême de la Flandre à Madrid. Ce conseil suprême était une institution dirigeante de l'Empire espagnol chargée de conseiller le roi d'Espagne sur l'exercice de ses prérogatives aux Pays-Bas espagnols, notamment en ce qui concerne les nominations ecclésiastiques, la nomination de hauts fonctionnaires, les grâces royales et les distinctions honorifiques telles que la chevalerie et les titres de noblesse.

Ensuit, il fut nommé au conseil privé à Bruxelles, l'un des trois «conseils collatéraux», avec le Conseil des finances et le Conseil d'État, qui formaient ensemble les plus hautes institutions gouvernementales des Habsbourg aux Pays-Bas. En même temps il fut trésorier des domaines royaux des Pays-Bas. Il a été anobli en 1668, fait chevalier en 1672 et reçu le titre de comte de Thirimont en 1690.

Ayant toute la confiance du roi Charles II, il est nommé, en 1697, ambassadeur plénipotentiaire pour la négociation du traité de Ryswick, qui conclut la guerre de neuf ans. Ce conflit entre la France et une coalition européenne qui comprenait principalement le Saint Empire Germanique (dirigé par la monarchie des Habsbourg), la République néerlandaise, l'Angleterre, l'Espagne, la Savoie et le Portugal, c'est dire l'importance de ce guerre (durant laquelle eut lieu le terrible siège de Mons en 1691), qui est parfois considérée comme le premier conflit mondial (on se battit même en Amérique du Nord).

Il défendit avec beaucoup d'habileté, de concert avec son homologue Don Bernard de Quiros, les intérêts qui lui étaient confiés. Le 20 juillet 1697, il signait ce traité célèbre qui enlevait à la France la plupart des conquêtes faites par Louis XIV dans les Pays-Bas depuis la paix de Nimègue, et replaçait sous la domination espagnole les villes d'Ath, de Charleroi, de Courtrai, de Luxembourg, de Mons, et leurs dépendances.

Dans un ouvrage du temps publié en Hollande relatif aux négociations, on rapporte que le comte de Thirimont soutint avec magnificence son rang d'ambassadeur. On était à l'époque de la guerre en dentelles. Il avait une suite nombreuse et occupait un bel hôtel à La Haye.Ses pages portaient un habit de velours vert, une camisole de soie verte, brodés d'argent, et un chapeau garni de plumes vertes et blanches. La livrée de ses domestiques était aux mêmes couleurs.

Il resta impliqué dans les négociations sur l'application du traité jusqu'à la fin de 1699. Il mourut à Bruxelles le 8 mai 1708 et fut enterré dans la cathédrale de Bruxelles sous un tombeau en marbre blanc1. A Mons aussi on sut reconnaître son mérite par ce nom de rue.

Photo :

Portrait de Louis Alexandre Scokart, comte de Thirimont, baron de Gaesbeke. Lithographie copie d'un tableau conservé au château de Gaasbeek.


 

1 Hippolyte Rousselle dans Iconographie Montoise. Ed. Th. Leroux et E. Lamir. 1860.