RUE DES BELNEUX

C’est par son étymologie que l’on peut comprendre la signification de ce nom de rue. Il faudrait d’ailleurs écrire « Belleneux » car une résolution du conseil de Ville montois en date du 24 octobre 1579 accorde une augmentation de gages au maître et aux serviteurs des « Belleneux ». Mais qui étaient ces gens ? Tout simplement ceux qui étaient chargés de la propreté des rues de la ville. Pour ce faire, ils utilisaient un belleneau ou beneau, tombereau destiné à transporter les immondices. D’où leur nom, comme on appelait jadis les barotiers ceux qui ramassaient les déchets ménagers dans les rues et les transportaient dans un barot, charrette attelée d’un cheval.

Il ne faut pas confondre les "bernatiers" et les "belneux", mots dont l'étymologie est très proche. (Voir aussi le mot patois "imberner" qui signifie recouvrir de salissures et autres matières plus ou moins malodorantes). Les bernatiers venaient chez vous avec une "tine au brin" pour vider la "basse cambe" et aller déverser les matières soit directement sur un champs (le fermier payait pour cela) soit à la "bernaterie" qui se situait au quai Nord, le long du canal juste à gauche du pont levis fermant le bassin des Anglais.

La "bernaterie" , quai Nord à Mons

Les charrettes servant à la vidange des fosses d'aisance alignées devant la « bernaterie ». Carte postale oblitérée en 1909. Ed. Duwez-Delcourt. Coll. de l’auteur..

Exemple de barot. Ici celui d’un marchand de charbon. Carte postale oblitérée en 1908. Ed. Nels, Bruxelles. Coll. de l’auteur.

 

PLACE PAUL HEUPGEN 1

Appellation toute récente donnée à la place nouvellement créée pour mettre en valeur la tour Valenciennoise. Mais qui était ce personnage peu connu du grand public ?

Né à Hyon le 7 mars 1868, Paul Heupgen a fait ses études moyennes à l’Athénée royal de Mons d’où il est sorti en 1885 avec le premier prix d’excellence et le prix décerné par le Gouvernement. En 1891, il obtenait de l’Université libre de Bruxelles, le diplôme de docteur en droit, avec grande distinction. Le barreau ne le retint que quatre années ; nommé secrétaire général des Hospices civils de Mons, il y fit jusqu’en 1921 une carrière aussi féconde que laborieuse malgré les années douloureuses de la guerre de 1914-1918, particulièrement pénibles et dangereuses pour les administrations d’assistance publique, car, avec des revenus sensiblement diminués, il fallait faire face à des besoins multiples et urgents.

En tant qu’administrateur des Hospices, sa vision était double. Il visait d’abord à donner un maximum de bien-être aux vieillards et aux orphelins qu’il avait sous sa protection. Ensuite, et surtout, il cherchait à améliorer le sort des générations futures en donnant aux hommes une conscience et une dignité qui leur permettraient de recueillir dans leurs vieux jours le fruit de leur travail au lieu d’être, comme trop souvent alors, un rebut et une charge pour la société.

Mais son activité ne se limita pas à cela. L’administration des Hospices Civils de Mons, en tant qu’héritière des anciens refuges et « hospitaux » qu’a comptés la ville de Mons dans son passé, possédait en quantité considérable des archives très anciennes qui étaient au Dépôt de l’Etat2 (Beaucoup d'entre elles ont, malheureusement, disparu dans l’incendie allumé par les bombardements du 14 mai 1940). Son amour des choses du passé lui fit entreprendre leur dépouillement systématique. Dans le même temps, il compléta son information en recueillant d’abondants documents relatifs à l’Assistance Publique et réunit de nombreux objets anciens. Il en fit même reconstituer d’autres et, patiemment, créa ainsi un très intéressant musée des Hospices.

En 1921, Paul Heupgen quitta les services de l’Assistance Publique pour entrer dans la magistrature, d’abord comme juge au Tribunal de première instance de Mons, puis de 1924 à 1927, il exerce les fonctions de vice-président du Tribunal des Dommages de Guerre, en même temps que celles de Juge des Enfants, de 1922 à 1938.

Cette dernière position l’amène tout naturellement à écrire de solides mémoires sur la juridiction des enfants, dans laquelle il s’est spécialisé. Non seulement cela, mais la fréquentation du Palais de Justice lui permet de s’intéresser aux rites, usages, langage ainsi qu’aux superstitions et préjugés du vieil appareil de justice. Il publie une vingtaine de travaux concernant notamment la réglementation de la prostitution, les enfants sorciers en Hainaut, le brigandage, les évasions remarquables, les prisons de l’Ancien Régime, le gibet de Mons, etc…

Indépendamment de ses fonctions administratives et judiciaires, Paul Heupgen remplit également une belle carrière professorale. Très tôt, il s’occupa de l’enseignement professionnel où il joignit la pratique à la théorie en exerçant avec facilité les métiers de menuisier, tourneur, ferronnier, relieur et photographe.

Il a contribué à la création, en 1911, de l’enseignement professionnel pour fonctionnaires et employés. C’est lui qui fonda les Cours provinciaux d’administration où il enseigna pendant vingt ans. Il donna également pendant quelques années des cours de déontologie et pendant un quart de siècle, il occupa la chaire de droit constitutionnel et de législation minière et industrielle à l’École des Mines. Et, bien entendu, il publia plusieurs ouvrages en rapport avec sa carrière professorale !

La Ville de Mons lui doit quelques réalisations marquantes : Pendant dix-sept ans, il a lutté pour la réouverture de la Conciergerie, prison souterraine mise en service en 1515. Ce qui fut fait le 16 octobre 1925. En 1930, à l’occasion du Centenaire de notre Indépendance, la Ville créa derrière son Hôtel communal un jardin public auquel Paul Heupgen donna le nom charmant et vieillot de « Jardin du Mayeur ». C’est en 1930, encore, que les bâtiments de l’ex-Mont-de-Piété sont transformés en musée du Centenaire. Un comité présidé par Paul Heupgen y installe une exposition du folklore qui obtient un succès très vif. Et, poursuivant son idée, il s’est dit : pourquoi n’aurions-nous pas un musée spécifiquement montois ? Cette idée prit corps en 1928, lors de la commémoration de l’héroïque bourgmestre Jean Lescarts, lequel avait deux passions : l’embellissement de sa ville et les collections d’art et d’antiquités. La Ville de Mons, désirant encourager cette œuvre à caractère local et désintéressé, lui céda un magnifique bâtiment, daté par ses ancres de 1636, à proximité du musée des Beaux-Arts, rue Neuve. C’est ainsi que, sous la houlette de Paul Heupgen et de Victor Maistriau, bourgmestre, naquit la Maison Jean Lescarts dont la raison d’être était de réunir des collections d’antiquités et d’œuvres d’art se rattachant particulièrement à Mons, et tous objets et documents intéressant la vie montoise (actuellement fermé).

Et, chaque année, Paul Heupgen pouvait s’enorgueillir de l’accroissement des collections ainsi que de bon nombre de projets qui ont été réalisés : c’est lui qui a ressuscité les « rossignols 3 » et les « wawas 4 » de la ducasse de Messines, qui a remis en honneur les tartes au fromage, les flans de Messines, les « bablutes »5 de Mons.

Il a également œuvré, avec la complicité de l’enlumineur Henri Léonard, à la commercialisation d’une assiette où se trouve reproduit le « Lumeçon », qui eut un grand succès pendant de nombreuses années. C’est encore lui qui publia des cartes postales décorées de l’image-étrenne de l’allumeur de réverbères et du sonneur du guet. Enfin, on lui doit également l’idée d’avoir voulu fixer les traits d’un type populaire montois : le « Ropieur », et ce fut peut-être le projet que Paul Heupgen eut le plus de joie de voir se réaliser. L’inauguration de cette charmante statue de bronze, œuvre du sculpteur borain Gobert, eut lieu dans le Jardin du Mayeur, le 26 septembre 1937.

N’oublions pas de mentionner qu’il a fortement contribué à propager dans le pays montois la légende des « Anges de Mons » déjà célèbre en Grande Bretagne. À titre d’exemple, l’infatigable chercheur a fait jouer par un quatuor, à la séance d’ouverture de l’exposition du folklore montois de 1930, la mélodie anglaise : The Angels of Mons.

Reconnu par ses pairs, Paul Heupgen rejoint en 1936 le « Comité Provincial du Hainaut de la Commission Royale des Monuments et des Sites ». Mais cela faisait bien longtemps qu’il s’intéressait aux monuments et aux sites. Sa foi communicative et agissante a sauvé de l’oubli et même de la destruction maints témoins du passé ; grâce à cet apôtre, les Montois ont repris conscience de la beauté de leur cité et très nombreux sont ceux qui, sur ses conseils, ont remis à jour de vieilles et pittoresques enseignes ou rendu aux façades de leur demeure le visage ancien déplorablement voilé par on ne sait quelle hostilité prétentieuse du XIXe siècle.

À son actif, il faut également ajouter le développement du site de Spiennes. Il fut le promoteur de la construction d’un bâtiment de protection sur l’orifice de deux puits de mines, qui pourrait servir à la fois de musée, d’abri, de logis temporaire pour le personnel des fouilles. Pendant des années, il attira l’attention des Montois sur la richesse préhistorique qu’ils avaient à leur porte et qu’ils ignoraient totalement. Il sensibilisa de nombreux hommes de science et, après avoir mobilisé la Commission royale des Monuments et des Sites, il obtint du ministre des Arts et des Sciences, par le biais du Comité des Amis du Hainaut, la construction, en 1932, du bâtiment. Il lui aura fallu 6 ans de persuasions, de sollicitations, de luttes même, pour aboutir 6.

Paul Heupgen s’est surtout fait connaître du grand public en cherchant à intéresser les lecteurs du journal « La Province » au passé de Mons et sa région. Pour cela, il tint durant de nombreuses années une chronique qu’il avait intitulée « Viéseries ». Toutes ces chroniques sont originales car il puisait directement aux sources, c’est-à-dire aux documents d’archives. Fouilleur d’archives érudit autant que persévérant, il exploita les comptes anciens et les poudreuses paperasses entassées depuis des siècles au sein des Archives de l’État à Mons. Il en tira de substantielles études qui s’avérèrent fort utiles après l’incendie allumé par la guerre, le 14 mai 1940.

Le 18 juin 1937, il publiait sa millième « Viéserie » dans les colonnes du journal, et le 22 octobre 1939, La Province imprimait « une dernière Viéserie » - elle porte le numéro 1151 ! – que l’auteur fit précéder de ces lignes où l’humour cache une pointe de mélancolie : « Le temps n’est plus aux joyeuses viéseries. Pourtant, en voici encore une ; ce sera la dernière ; je l’ai écrite … avant la guerre. Maintenant j'écoute les communiqués (de guerre) et je chauffe mes rhumatismes. Adieu, viéseries !... ». Il s’est éteint à Mons le 15 octobre 1949. 

L'Association des Montois Cayaux va publier prochainement un ouvrage rendant hommage à ce Montois méritant, et présentant une sélection de ses « viéseries ».

Le dépôt des Archives de l’Etat se trouvait alors dans l’ancien couvent des Visitandines, place du Parc.

3 Sorte de sifflet à eau en terre cuite ayant la forme d'un oiseau.

4 Petit objet de terre cuite, muni d’un sifflet, qui rend un son modulé par la présence d’eau dans le corps de la poterie. Jouet constitué par un tube de carton fermé à un bout par une membrane de papier. Il est traversé par un fil qui rejoint un manche de bois autour duquel il tourne et produit alors, par vibration, un son dont on peut faire varier l’intensité en le faisant tourner plus ou moins vite.

Friandise en sucre aromatisé de forme allongée, entourée de papier décoré.

Aujourd’hui, Spiennes est reconnu patrimoine mondial de l’Unesco.

Clovis Piérard : Paul Heupgen, chasseur de viéseries. Ed. De la Maison Jean Lescarts.

Photos :

Portrait de Paul Heupgen. FAPMC.

Le Jardin du Mayeur vers 1940. Carte postale. Coll. De l'auteur.

La Maison Jean Lescarts vers 1930. Carte postale. Coll. De l'auteur.

Inauguration de la fontaine du Ropieur, le 26 septembre 1937, par

Paul Heupgen. FAPMC.

 

AVENUE DU TIR

A présent complètement extérieure au boulevard, cette avenue tracée après la démolition des fortifications et la création du Tir communal sur un terrain militaire, porta successivement les noms d'avenue Saint-Lazare, avenue du Tir, puis, partiellement (à l'intérieur du boulevard), depuis 1971, rue du Onzième régiment d'Artillerie 1.

Cet édifice construit sur les plans de l'architecte de la ville Joseph Hubert, se compose d'un stand à deux étages et d'un champ de tir de 225 mètres. Le bâtiment fut inauguré solennellement le 28 juin 1868 par un tir donné à toutes les Gardes Civiques du royaume. Il était destiné à l'exercice de tir à la cible pour les sociétés montoises. La Société Générale de Tir de la Garde Civique, fondée en 1859, et celle des Carabiniers Montois, datant de 1815 et reconstituée en 1855 y eurent leur local 2. Autrefois un talus de terre couvrait le premier niveau, mais il fut enlevé durant le second semestre 1922 et 1923, et le rez de chaussée aménagé. La grille périmétrique qui l'entoure, elle, ne fut réalisée qu'en 1937. 3

La Garde Civique est la milice créée en octobre 1830 dans la jeune Belgique indépendante. Elle a été fondée par l'unification des gardes bourgeoises qui s'étaient constituées lors de la Révolution Belge, le 26 août 1830 ,au lendemain des émeutes survenues à Bruxelles après la représentation de l'opéra romantique d'Auber, La Muette de Portici, au théâtre de la Monnaie.

La Garde civique était organisée au niveau communal ; à l'origine, dans toutes les communes de plus de 30.000 habitants. Elle était composée de citoyens entre 21 et 50 ans, prioritairement les jeunes célibataires et veufs sans enfants, ne faisant pas partie de l’armée mais des dérogations et dispenses de service pouvaient être obtenues pour cause de maladies, difformités, mutilations et autres nécessités d'entretenir sa famille…Elle avait pour mission : Maintenir l'obéissance aux lois, conserver ou rétablir l'ordre et la paix publique, assurer l'indépendance de la Belgique et l'intégrité de son territoire. Elle était constituée en Compagnies, commandées par un capitaine et subdivisées en trois bans. Le premier ban jouait un rôle au niveau national ; il était essentiellement destiné à faire respecter l'inviolabilité du territoire. Le second ban secondait l'armée nationale "sans toutefois sortir de la province". Le troisième ban était sédentaire. Le service ordinaire consistait à monter la garde, effectuer des patrouilles pour la sûreté des personnes, la conservation des propriétés et le maintien de l'ordre public.

A Mons, la Garde-civique, que certains se faisaient un malin plaisir d’appeler « la garde à l’graisse » car elle était essentiellement composée de bons bourgeois : placides fonctionnaires, commerçants à la franche bedaine, érudits maîtres d’école, employés facétieux, etc, comptait six cent septante huit hommes. Le moment le plus attendu était , bien sûr celui de la parade annuelle sur la Grand-Place. « Le matin très tôt, les sonneries de clairon viennent verser de l’héroïsme au cœur de ces braves citoyens-soldats. Vite, ils vont, engoncés dans leur bel uniforme d’opérette, se préparer à la redoutable prise d’armes sur la place et exécuter fièrement les ordres militaires. C’était plus souvent un vrai vaudeville qu’un vrai défilé militaire, mais enfin, le principal était de défiler sur le pavé de Mons, « plumes dé co à s’capiau, fusique à z’épaule, derrière el commandant, tout biau, tout brillant avé ses galons èyé ses médailles. On commençait par les bleux de l’infanterie, puis c’était les verts des chasseurs-éclaireurs et, à la fin, la batterie d’artillerie, surtout célèbre pour ses somptueux banquets ».(Myen Vanolande)

Plus sérieusement, lors de la première guerre mondiale, la Garde civique fut appelée dans tout le pays et chargée de seconder la gendarmerie et la police dans le maintien de l'ordre. À Louvain, les gardes civiques opposèrent une résistance de plusieurs heures aux troupes allemandes. Cette résistance inattendue de la part d'une troupe para-militaire mit en fureur le haut commandement allemand qui menaça de faire fusiller les gardes civiques qu'il considèrait comme des franc-tireurs non soumis à la Convention de Genève sur les lois de la guerre. 

Durant toutes les hostilités, ces ex-gardes civiques seront soumis à une surveillance sévère de la part de l'occupant. Après la guerre, la Garde civique ne fut pas reconstituée. Placée en non activité en 1920 parce qu'une modification de la constitution était nécessaire pour sa suppression définitive, elle ne fut supprimée officiellement qu'en 1982 (Chambre) et 1984 (Sénat).

 

Malheureusement, la Garde Civique de Mons s'est rendue tristement célèbre dans des circonstances dramatiques : à l'occasion de la  grève générale décrétée en 1893 par le Parti Ouvrier belge après que le parlement belge eut rejeté la veille la proposition d'introduction du suffrage universel (ll ne le fut qu' en 1913).

 

Le 12 avril 1893, des troubles avec les grévistes dans le Borinage mène à l'intervention de la Garde Civique. Deux jours après, la grève organisée à la suite de l'appel lancé par le Parti Ouvrier s'étend, mais n'est pas encore générale mais ici et là, du sang a déjà sang a coulé, beaucoup de personnes sont sérieusement blessées. A Bruxelles, le 17 avril, les grévistes sont maintenant au nombre de 50.000. Plusieurs ont été tués dans des escarmouches avec la police et l'armée (...). Les troubles s'étendent à travers toute la Belgique et des combats acharnés ont lieu à Mons et Anvers. De nombreux gardes civiques sont blessés, plusieurs grévistes sont tués et beaucoup blessés. 4

Le lendemain les grévistes Montois sont enragés par la mort de leurs camarades et ont promis de les venger. Sur les avenues de Cuesmes et de Jemappes, voie traditionnelles de pénétration du Borinage vers le chef-lieu de la Province, la Garde Civique, troupe inexpérimentée, a pris position sur ordre du bourgmestre de Mons, Henri Sainctelette, qui a interdit la manifestation sur le territoire de la ville. La confrontation est inévitable. A 14 heures : 4 à 5.000 manifestants arrivent par l’avenue de Cuesmes. Ils sont repoussés à la baïonnette par la 4è compagnie de la Garde Civique épaulée par les chasseurs-éclaireurs. A l’avenue de Jemappes, depuis 13 heures, les 1ere, 2e et 3e compagnies de la Garde Civique maintiennent à distance, avec difficulté, un groupe d’environ 6.000 personnes. Celles-ci semblent reculer, puis se ruent à l’assaut des gardes civiques et tentent de leur arracher leurs fusils. Des pierres pleuvent sur les gardes. Un coup de feu part suivi d'une fusillade générale de quelques dizaines de secondes. On transporte les morts (cinq) et les blessés graves (neuf) au chemin de l’Inquiétude. La garde civique compte 14 blessés. Les mineurs sont exhortés par leurs leaders à rentrer chez eux et, vers 18 heures, le calme revient. Ces événements entre Montois et Borains mirent longtemps a s'estomper,et restent encore de nos jours, présents dans la mémoire collective 5.

Dans la cour du Tir communal se dresse le monument élevé à la mémoire de Jérôme Daubechies, né à Quaregnon le 20 mars 1886, fusillé par les Allemands pour espionnage le 18 octobre 1915, selon le monument funéraire des morts de 1914-1918 dans le cimetière de Jemappes ou le 11 novembre 1916, selon l'acte n° 230bis de Jemappes de 1916 qui renvoie à l'acte n° 201 au registre des actes de décès de Jemappes de l'année 1922. Jugement du Tribunal de 1ère instance de Mons du 17.4.1919 6.

 

Intimement lié avec le nom de cette avenue, le stade de football de Mons qui la longe sur une bonne partie de sa longueur. C'est en novembre 1909 que René Tondreau, Maurice Van Pel, Henri Lebailly et Fernand Courtois décidèrent de former un nouveau club avec pour slogan : "entrée largement ouverte a tout joueur correct, quel qu’il soit". Suivant l’exemple du Royal Léopold Club de Bruxelles qui avait pris le nom du souverain belge régnant, il fut décidé de solliciter de S.M. le Roi Albert Ier l’autorisation de porter le titre de "ALBERT-ELISABETH CLUB DE MONS". La réponse ne se fit pas attendre et par lettre du 18 mars 1910, Monsieur le Baron Beyens, Ministre de la Maison de S.M. le Roi fit part de la réponse positive du Roi.

L’Albert était né. Affilié à l’Union Belge le 17 juin 1911, il reçoit le matricule 44. En mai 1910 fut signé le bail d’un hectare de prairie, à l’avenue du Tir, à l’emplacement même du Stade actuel et, le 25 septembre 1910, devant 300 spectateurs, le nouveau terrain fut inauguré. Sous les couleurs bleue et blanche (couleurs de la famille royale) jusqu’en septembre 1920, puis rouge et blanche (couleurs de la ville), l’Albert allait connaître au cours de ses 95 ans de carrière des hauts et des bas, des joies et des peines et comme chaque club, des montées et des descentes. Mais c'est une autre histoire.

Autre institution importante installés sur cette avenue : l'écoles des soeurs Ursulines. Celles-ci durent quitter, après trois siècles de présence, leur implantation historique à la rue Claude De Bettignies suite aux destructions causées par les bombardements de la dernière guerre. L’impossible reconstruction des bâtiments conduisit à l’achat d’un vaste terrain le long du Boulevard des Etats-Unis (actuel Boulevard Kennedy) et de l'avenue du Tir. Les plans de la future implantation furent présentés en 1948, et, en juin 1954, eut lieu la pose de la première pierre. Enfin, 1957 vit l’entrée dans le “bâtiment jaune ”.

Depuis 2014 est venu également s'implanter sur d'anciens terrains de la Défense Nationale, le site de Mons-Borinage-Centre du réseau de l’IFAPME (Institut wallon de formation en alternance et des indépendants et des petites et moyennes entreprises), qui propose, sur base du principe de la formation en alternance, des formations pour les jeunes et les adultes, dans une multitude de secteurs professionnels.

Christiane Piérard. Les rues de Mons en1982.

Gonzales Decamps. Guide du Touriste. 1894.

1er Service Régional des Travaux des Forces Armées

Rapport d'un journal paru en Nouvelle Zélande.

La fusillade de l'avenue de Jemappes. Etude.

BEL MEMORIAL .Personnes mentionnées sur les monuments.

Photos :

Le Tir communal vers 1900. CP datée de 1919. Ed ND Phot. Coll; de l'auteur.

 

Le Tir communal de nos jours. Photo de l'auteur. 2008.

 

Les chasseurs-éclaireurs de la Garde Civique en manoeuvres. Photo famille Hambye.

 

Les canonniers de la Garde Civique en manoeuvres. Photo famille Hambye.

 

Défilé des chasseurs à pied de la Garde Civique sur la Grand-Place en 1893. Photo famille Hambye.

 

Défilé des chasseurs à cheval de la Garde Civique sur la Grand-Place en 1893. Photo famille Hambye.

 

Défilé des canoniers de la Garde Civique sur la Grand-Place en 1893. Photo famille Hambye.

 

La fusillade de l'avenue de Jemappes. Vues d'artistes.

 

Le monument Daubechies au Tir Communal. Photo FAPMC. Collection Edmond Bovyn.

 

L'avenue du Tir vers 1900. CP non datée. Ed. Duwez-Delcourt. Coll. de l'auteur.

 

L'avenue du Tir. CP non datée. Ed. Nels. Bruxelles.Coll. de l’auteur.