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LE 18 SEPTEMBRE 2022

AUX FETES DE WALLONIE
Gerbe déposée par les Montois Cayaux en hommage aux littérateurs montois

HOMMAGES AUX LITTERATEURS MONTOIS

 
 

Chaque année, à l’occasion des fêtes de Wallonie, la Ville de Mons rend hommage, en partenariat avec Montois Cayaux et les « Quinze », à ceux qui ont permis la survivance de ce joyau de notre patrimoine qu'est notre langage populaire montois.

 

En effet, on peut assurément dire que la littérature dialectale montoise a un passé fort riche tant les littérateurs patoisants furent nombreux au cours des XIXe et XXe siècles.

Toutes les tendances créatrices se sont intégrées dans l'écriture de notre langage populaire : prose, poésie, théâtre, opéras, bétième, etc …Et elles pouvaient rivaliser avec celle de n'importe quelle région de Wallonie, ce qui, en soi est une performance, compte tenu du petit nombre de locuteurs vivant repliés sur eux-mêmes à l'intérieur du tracé des anciennes fortifications puis des boulevards.

 

Malheureusement de nos jours, il faut bien le reconnaître, tout cela s'estompe graduellement dans les mémoires ;

Le temps fait son œuvre de lente désagrégation et si les Montois le parlent encore un peu, nous avons généralement cessé de l'écrire et, même, de le lire.

 

Pourtant, parler patois, c'est notre droit à la différence, c'est une réaction contre la culture standardisée, et puis c'est une langue si riche et si savoureuse, qu'il suffit de la respirer pour en être inspiré. Léon Waillez ne disait-il pas :

 

Quand on est enne milette ropïeur, à Mons, on a râte féet dé l’apprinde dins l’cour dé s’n’école, èyé, pus tard... c’est dins les estaminets qu’on peut améliorer s' vocabulaire, in causant avé des vieilles geins du quartier.

C’qui féet qué, quand on est d’vénu ein homme à maronne èyé à responsabilités, el’ patois r‘viét d’timps in temps, quand on veut bé féer sintî c’qu’on veut dire.

C’est pou ça qu’i faut qu’el patois dure el pus longmint possibe.

Quand ce n’sroit foqu’ pou prouver qui ress’ co des vrées Montois.

 

Et d 'ajouter : Sinon, no cité perdra enn' partie dé s' patrimoine en pierdant enn' partie dé s' visâche familier.

 

Après la cérémonie d’hommage a eut lieu la remise du prix de 250 euros au lauréat de notre concours de meilleur texte en patois, qui a été invité à lire son texte devant l’assemblée.

Cette sympathique manifestation s’est terminée par le verre de l’amitié, comme il se doit, au cours duquel les échanges et commentaires sur notre bonne ville furent nombreux.

 

Vous aussi tentez votre chance en nous envoyant l’un de vos textes en patois (montois.cayaux@gmail.com). Aidez-nous à le faire vivre encore. Voyez le règlement sur notre site les Montois Cayaux/concours.

 

Le président, Philippe Yannart

2021

Ce dimanche 19 septembre à l'occasion des Fêtes de Wallonie, la Ville de Mons, représentée par le 1ere échevine, Mme Catherine Houdart, et l' association des Montois Cayaux, ont rendu comme chaque année un hommage à ceux qui ont permis au parler montois de continuer d'exister et nous charmer jusqu'à ce jour.

 

A l'heure actuelle, parler le patois est devenu une démarche intellectuelle essentielle. En effet, c'est d'abord manifester un droit à la différence et donner une réponse originale à la culture standardisée assénée par les médias. C'est aussi, et surtout, travailler à conserver ce joyau de notre patrimoine tout en rendant hommage à la mémoire de ceux qui nous ont précédés dans cette ville et qui ont oeuvré à son rayonnement.

 

Pou l' dire autrémint, c'est l' vrée vérité qui n' a pus foc quéeques z'habitants enn' milette averlus dé no trau d' ville, pou intrét'nî c' langage-là qu' a pourtant sté parlé pindant des sièques, dédins nos murs.

 

Héûreus'mint i l' a ieu suffisammint dé scribeux èyé d' poésiciens qu' ont permis l' survivance dé no parler montois.

A tous les époques...

 

A c't heure, ess t à nos z' autes de féer qu' i dure co longmint, passqué sans li, no cité pierdra définitiv'mint enn' partie dé s' visâche.

Eyé ça s'roit bé dommâche.

 

Pa d'vant l' monumint d' Benoit Quinet (el cousse qu' a continwé, à sortî l'Armonaque dé Mon, jusqu'en 1894), on met à l'honneur ein scribeux pus djône

 

Apré ça, èyé ein p'titcaup d'musique, tout l' monde est dallé sé stamper in face dé l' plaque qu 'est stiquée su l' mur du fond du Gardin in mémoire des quatte fondateurs dé l' littérature patoisante montoise : Henri Delmotte (1798 – 1836) qu' a récrit branmint des pièces dé théâte in patois ; Charles Letellier (1807 – 1870) qu' a sorti chaqu' année, de 1846 à s' décès in 1870, les célèbes Armonaques dé Mon ; Jean-Baptiste Descamps (1809 – 1886) qu' a oeuvré longmint avé li pou récrire les Armonaques ; Pierre Moutrieux (1824 – 1908), ein réede scribeux qu' a sorti branmint des poésies, des cansons èyé des faufes in montois.

Tertous des grossés tiètes dé l' bourgeoisie d' l' époque.

 

Insuite, co èn' m'p'tite musique èyé tous les geins – il in a toudi èn' masse– ess' sont r'trouvés pa d'vant l' monumint Gillis, le chantre le plus poétique, le plus savoureux, le plus fameux dé no bonn' ville.

 

Co apré ça, tout l' monde s'a incouri à l' salle des Mariages aousqu'on a remis ess prix au gangnant dé no concours dé tesses in patois dé l'année.

Bé sûr, tout ça a fini pa des applaudiss'mints èyé ein bon verre, à l' santé d' tous les Montois.